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Comment le logo d’une marque se retrouve-t-il à côté d’un email dans Gmail ou Yahoo Mail ? Grâce au BIMI (Brand Indicators for Message Identification), un enregistrement DNS qui indique aux messageries où récupérer le logo de la marque, pour afficher le logo dans la liste des messages. Il ne s’affiche que si le domaine d’envoi applique une politique DMARC en quarantine ou reject. Gmail demande en plus un certificat de marque (VMC ou CMC) associé au logo. Apple exige une preuve vérifiée de ce logo.

Le protocole BIMI se met en place dans un ordre précis : DMARC d’abord, puis le certificat. Viennent ensuite le fichier SVG puis l’enregistrement DNS, avec un test sur Gmail à la fin.

Logo d'une marque affiché à côté d'un email dans une boîte de réception grâce au BIMI

Comment fonctionne le BIMI

À la réception d’un message, la messagerie du destinataire vérifie d’abord SPF, DKIM et DMARC. Si l’authentification passe, elle interroge le DNS du domaine expéditeur à l’adresse default._bimi.votredomaine.com. L’enregistrement TXT trouvé pointe vers un logo au format SVG et, selon le cas, vers un certificat au format PEM. La messagerie contrôle le certificat, puis affiche le logo à côté du nom de l’expéditeur.

BIMI ne remplace aucun protocole d’authentification, il repose sur eux. En premier lieu sur le DMARC, qui prouve que l’expéditeur contrôle bien le domaine. Le logo freine aussi le phishing : en cas d’usurpation du domaine, le message échoue à DMARC et le logo n’apparaît pas.

Le standard reste un brouillon de l’IETF : la version 14 de draft-brand-indicators-for-message-identification, datée du 1er mai 2026, expire le 2 novembre 2026 (IETF Datatracker). Gmail, Yahoo Mail et Apple Mail (à partir d’iOS 16 et de macOS Ventura 13) l’appliquent déjà.

Réunir les prérequis d’authentification

Avant tout achat de certificat, vérifiez quatre points sur le domaine d’envoi :

  • un enregistrement SPF valide pour chaque outil d’envoi ;
  • une signature DKIM alignée sur le domaine ;
  • une politique DMARC (RFC 7489) en p=quarantine ou p=reject ;
  • un pourcentage d’application à 100 (pct=100, valeur par défaut si le tag est absent).

Selon Google, p=none n’est pas pris en charge et pct=100 est exigé (page « Set up BIMI » de l’aide Google Workspace, mise à jour le 13 octobre 2026). Un domaine encore en p=none monte par paliers (pct=10, puis pct=50, puis pct=100) et passe d’abord par la phase de rapports agrégés (balise rua) jusqu’à zéro faux positif. Exemple d’enregistrement TXT à poser sur _dmarc.exemple.com : v=DMARC1; p=quarantine; pct=100; rua=mailto:dmarc@exemple.com. Chaque outil d’envoi tiers (Mailjet ou SendGrid, par exemple) doit signer en DKIM au nom du domaine avant ce passage.

Choisir entre VMC, CMC et BIMI sans certificat

Le VMC (Verified Mark Certificate) exige une marque déposée. Le CMC (Common Mark Certificate) s’adresse aux logos protégés par un usage antérieur, sans dépôt : le BIMI Group a annoncé le 26 septembre 2024 que Google prenait officiellement en charge les CMC dans Gmail. Un logo non déposé passe donc par le CMC, alors qu’un dépôt de marque prend de 6 à 12 mois d’après Google.

Les règles diffèrent selon la messagerie. D’après le BIMI Group, Gmail refuse l’enregistrement auto-déclaré et exige un logo certifié, alors que Yahoo Mail l’accepte, sans certificat, avec un SVG au format SVG P/S. Apple demande de son côté une preuve vérifiée du logo (« BIMI Evidence Document », dont le VMC est l’exemple cité dans sa documentation développeur) et ne mentionne pas le CMC. Le détail figure dans l’article sur le BIMI sans certificat.

Ce que permet chaque option BIMI, par type de certificat
Critère VMC CMC Sans certificat
Statut du logo Marque déposée Usage antérieur prouvé, dépôt non requis Aucune preuve demandée
Logo dans Gmail Oui Oui Non
Coche de vérification Gmail Oui, d’après Google Non annoncée Non
Apple Mail Preuve vérifiée exigée (VMC cité en exemple) Non mentionné par Apple Non
Yahoo Mail Non nécessaire Non nécessaire Oui, avec un SVG au format SVG P/S
Tarif Fixé par l’émetteur Fixé par l’émetteur Aucun

Les tarifs varient d’un émetteur à l’autre et d’une année à l’autre, ce qui explique l’absence de chiffre dans le tableau : demandez un devis pour votre domaine avant de trancher. La liste des autorités habilitées est tenue par le BIMI Group et comprend DigiCert, GlobalSign et SSL.com sur sa page actuelle. Un certificat a une durée de validité limitée, donc il se renouvelle à intervalle régulier : un certificat expiré fait disparaître le logo.

Préparer le fichier SVG

Google demande un SVG au profil SVG Tiny PS (baseProfile="tiny-ps", version="1.2"), de 96 x 96 pixels minimum en unités absolues, centré dans un carré, sur fond uni. Un poids de 32 Ko (32 768 octets) ou moins est recommandé. Les liens externes et les scripts sont proscrits, comme les animations. Un élément <desc> doit décrire le logo. Un export brut d’un logiciel de dessin ne respecte pas forcément ce profil : la conversion est détaillée dans l’article sur la création du logo BIMI en SVG.

Publier l’enregistrement DNS

Ouvrez la zone DNS du domaine d’envoi chez votre hébergeur ou registrar. Cliquez sur « Ajouter une entrée », choisissez le type TXT, puis laissez le TTL à 3600 secondes. Nom : default._bimi (le domaine est ajouté automatiquement par la plupart des interfaces). Valeur :

v=BIMI1; l=https://exemple.com/bimi/logo.svg; a=https://exemple.com/bimi/certificat.pem

Le tag l= pointe vers le SVG, le tag a= vers le fichier PEM de votre certificat, tous deux en HTTPS. Pour Gmail, la valeur l= peut rester vide. Gmail ne prend pas en charge un enregistrement avec SVG seul, sans a=. Sauvegardez.

Le logo apparaît ensuite avec un délai pouvant atteindre 48 heures (Google Workspace, aide « Set up BIMI »).

Tester et dépanner

Après la publication, interrogez le DNS depuis un terminal avec dig TXT default._bimi.exemple.com : la valeur retournée doit reprendre la chaîne saisie. Passez ensuite le domaine dans un outil de test BIMI, comme le BIMI Inspector, qui valide l’enregistrement puis le SVG. Envoyez enfin un message vers une adresse @gmail.com de test, puis ouvrez « Afficher l’original » pour vérifier que SPF, DKIM et DMARC affichent PASS. Patientez jusqu’à 48 heures avant de conclure à une erreur de configuration.

Le logo ne s’affiche pas ? Remontez la liste dans cet ordre :

  • DMARC n’est pas à pct=100 ou reste en p=none sur le domaine organisationnel ;
  • le SVG n’est pas conforme à Tiny PS (poids trop élevé, script résiduel, ratio non carré) ;
  • le fichier PEM n’est pas accessible en HTTPS ou le certificat est expiré ;
  • l’enregistrement est posé sur le mauvais sous-domaine : le default._bimi doit correspondre au domaine du champ From ;
  • le message testé échoue à SPF ou DKIM, auquel cas DMARC échoue aussi.

Effets réels du BIMI et limites de couverture

Le logo près du nom rend l’expéditeur identifiable d’un coup d’œil. La coche de Gmail signale un expéditeur vérifié par un VMC. BIMI affiche un logo. Il ne sort aucun message du spam.

Outlook et Microsoft 365 n’affichent pas le logo BIMI en octobre 2026 à notre connaissance, sans annonce de déploiement de la part de Microsoft.

Choisir son certificat selon son cas

Marque déposée, destinataires surtout sous Gmail : visez le VMC, que Google associe à la coche de vérification. Logo non déposé : le CMC donne accès au logo dans Gmail sans attendre les 6 à 12 mois du dépôt. Base de contacts majoritairement sous Yahoo ou budget à zéro : l’enregistrement auto-déclaré suffit pour commencer.

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Nicolas Forni
Author

Fondateur de Captain Verify, je travaille sur la vérification d'emails et de numéros mobiles depuis 2015. Sur ce blog, j'écris sur la délivrabilité, l'hygiène des bases de contacts, les règles des messageries et le SMS marketing. Des articles concrets, pensés pour les équipes marketing qui envoient chaque semaine.