Une adresse Gmail dont la boîte de réception ne contient presque rien peut renvoyer un mailbox full à chacun de vos envois. Le compte Google entier est saturé : les e-mails partagent leur stockage avec Drive et Photos. Résultat côté campagne, un taux de hard bounce qui grimpe sans que le contenu ni l’IP aient bougé. L’outil d’envoi affiche seulement « boîte pleine ».
Traitez un 552 5.2.2 ou un 452 4.2.2 comme un incident temporaire. Suspendez les envois marketing vers l’adresse pendant 7 à 14 jours puis retentez. Retirez-la de la liste si elle rebondit encore après environ 2 semaines ou sur plusieurs campagnes distinctes, la règle proposée par Al Iverson sur Spam Resource (31 août 2026).
Lire le code : 452 4.2.2, 552 5.2.2 ou 554 5.2.2
Un rejet SMTP porte deux codes. Le premier, à trois chiffres, indique si l’échec est temporaire (4xx) ou permanent (5xx). Le second, l’Enhanced Status Code (trois nombres séparés par des points), nomme la cause. Dans le registre IANA issu de la RFC 3463, X.2.2 signifie « Mailbox full », rattaché au code 552, avec la consigne de l’employer comme un échec transitoire persistant. Un 4.2.2 respecte cette consigne. Un 5.2.2 la contredit. Les deux versions coexistent pourtant dans vos journaux.
Pour Gmail, la documentation Google Workspace (consultée le 8 octobre 2026) liste les deux versions :
452 4.2.2 : « The recipient’s inbox is out of storage space. » (la boîte du destinataire n’a plus d’espace de stockage)
552 5.2.2 : « The recipient’s inbox is out of storage space and inactive. » (la boîte du destinataire n’a plus d’espace de stockage et elle est inactive)
La version permanente ajoute l’inactivité du compte au manque de place. Al Iverson observe de son côté des rejets 552 chez Gmail pour un simple dépassement de quota, sans parler d’inactivité. Le tableau donne la source de chaque code.
| Code complet | Classe | Source | Traitement |
|---|---|---|---|
| 452 4.2.2 | Temporaire | Documentation Google Workspace | Suspension de 7 à 14 jours |
| 552 5.2.2 | Permanent en apparence | Documentation Google Workspace (boîte pleine et inactive), registre IANA (X.2.2) et Al Iverson | Même suspension avant toute suppression |
| 554 5.2.2 | Permanent en apparence | Exchange Online, cas des dossiers publics | Adresse partagée d’entreprise pleine : même suspension |
| 450 4.2.1 | Temporaire | Documentation Google Workspace | Ne relève pas du stockage : la boîte reçoit trop vite |
| 552 5.3.4 | Permanent | Documentation Google Workspace, registre IANA (X.3.4) | Ne relève pas du stockage : le message est trop lourd |
Les deux dernières lignes sont des pièges de lecture. Google documente 450 4.2.1 pour une boîte qui reçoit à un rythme trop élevé. Il documente 552 5.3.4 pour un message qui dépasse ses limites de taille (X.3.4 désigne, dans le même registre, un message trop gros pour le système). Pour un compte Gmail personnel, la limite des pièces jointes est de 25 Mo selon l’aide Gmail. Aucun de ces deux codes ne signale un quota plein : le premier se retente, le second impose d’alléger le message. Lisez le texte du rejet avant de classer.
Pourquoi une boîte presque vide rejette tout
Un compte Google plein ne peut plus envoyer ni recevoir d’e-mails. Les messages qui lui sont adressés sont renvoyés à l’expéditeur, d’après l’aide Google sur le stockage partagé. Le quota gratuit de 15 Go couvre Gmail, Drive, Photos et les sauvegardes mobiles. Des vidéos 4K ou une sauvegarde photo automatique suffisent à l’épuiser, boîte de réception vide ou non.
Le titulaire ne s’en aperçoit souvent qu’au premier rebond. Il vide la corbeille et supprime des vidéos, à moins d’acheter du stockage Google One. Google indique qu’un compte encore plein 30 minutes après le nettoyage demande un tri plus poussé. Sur la durée, le risque grossit : un compte au-dessus de son quota pendant 2 ans s’expose à la suppression de contenus.
Un 452 4.2.2 sur une adresse Gmail indique que le stockage partagé du compte a débordé. Le 552 5.2.2 y ajoute, selon Google, un compte inactif. Le retrait devient alors probable : un compte dans cet état a peu de chances d’être nettoyé avant la tentative suivante, qui rebondit à son tour.
Outlook.com suit la même logique. Le compte gratuit dispose de 15 Go pour les e-mails. Les pièces jointes, elles, sont décomptées des 5 Go de stockage cloud que le compte Microsoft partage avec OneDrive. Si ces 5 Go sont dépassés, Microsoft précise que la boîte se bloque en envoi comme en réception, même sous son quota de messagerie. Tout message entrant est alors renvoyé à l’expéditeur.
Ce que le rebond fait à vos statistiques
Tout dépend de la classe retenue par votre outil. Un 552 rangé en hard bounce gonfle le taux et peut coûter l’adresse : chez Mailchimp, une adresse en rebond dur est nettoyée automatiquement de l’audience dans la plupart des cas. Un 4xx rangé en soft bounce n’entraîne pas de suppression immédiate. La répétition finit pourtant par compter : le même outil convertit un soft bounce en hard bounce après 7 rebonds doux pour une adresse sans activité d’abonné. Le seuil monte à 15 pour un contact déjà actif. Calcul simple : sur 50 000 envois, 250 boîtes pleines classées en hard bounce ajoutent 0,5 point au taux. Ce demi-point pèse sur la réputation d’expéditeur. Les plateformes tolèrent peu de marge sur ce taux, comme le montrent les taux de rebond acceptables par plateforme.
Appliquer une règle de délai dans votre outil d’envoi
La règle compte 5 actions, à configurer une fois dans l’outil ou à appliquer à la main sur l’export des rebonds.

- Ouvrez le journal de la campagne et lisez le code complet du NDR (rapport de non-livraison) : cherchez 4.2.2 ou 5.2.2, pas seulement 552.
- Classez l’adresse en suspension temporaire. Si votre outil impose hard ou soft sans sous-code, exportez ces adresses vers un segment séparé.
- Suspendez l’adresse 7 à 14 jours. Avec une newsletter hebdomadaire, elle saute un envoi ; avec une newsletter mensuelle, elle attend le suivant.
- Réintégrez-la à la campagne suivante. Si le message passe, remettez son compteur de rebonds à zéro.
- Retirez-la si le rebond persiste au-delà de 2 semaines environ. Un second rebond sur une campagne distincte vaut le même verdict.
Iverson ne chiffre pas le seuil « plusieurs campagnes distinctes ». La règle ci-dessus retient 2 campagnes, l’interprétation la plus stricte de sa recommandation.
Cette règle concerne les envois marketing. Pour un e-mail transactionnel (facture, réinitialisation de mot de passe), attendre n’a pas de sens : prévenez le client par SMS ou dans son espace client pour qu’il libère de la place.
Quand la boîte pleine devient une adresse abandonnée
Réessayer sans fin un compte saturé gaspille des envois. Si la livraison échoue sur une période étendue, Iverson estime que le compte est abandonné ou que son titulaire ne résout pas le problème : l’adresse sort de la liste. Une adresse qui produit des soft bounces pendant des mois est morte de fait, comme le décrit notre guide sur le hard bounce et le soft bounce.
« On ne peut pas juste filtrer après l’envoi ? » Le message qui rebondit a déjà été émis. Ce rebond est donc compté dans les statistiques de la campagne. La vérification en amont retire les adresses inexistantes, seules à supprimer sans délai. Les boîtes pleines suivent la règle ci-dessus. Les adresses valides mais muettes depuis des mois relèvent d’un autre traitement, décrit dans que faire des contacts inactifs.
Deux pièges avant de suspendre
Votre serveur a déjà réessayé. La RFC 5321 recommande aux serveurs d’expédition de retenter une livraison différée pendant au moins 4 à 5 jours avant d’abandonner (section 4.5.4.1). Votre outil peut fixer une période plus courte : SendGrid, par exemple, retente un message différé pendant 72 heures au maximum. Pour un 4xx, le rebond que vous lisez arrive donc après cette période de nouvelles tentatives. La suspension de 7 à 14 jours s’y ajoute.
Second piège : le sous-code. Un 5.2.2 se traite avec délai. Un 5.1.1 (adresse inexistante) se supprime. Les autres sous-codes ont chacun leur traitement, détaillé dans les codes de réponse SMTP à connaître et dans le guide des codes d’erreur.
Filtrez les rebonds 5.2.2 et 4.2.2 de votre dernière campagne et appliquez la règle de délai avant l’envoi suivant. Faites vérifier un échantillon de la liste au même moment pour mesurer la part d’adresses inexistantes.
