Quelle fin d’email pousse vraiment le destinataire à répondre ou à cliquer ? Celle qui réclame une seule action, avec une échéance, puis s’arrête. Une phrase de clôture précise et une signature complète suffisent à conclure un email commercial, avec un lien de désinscription en bas et un P.S. facultatif.
Un « Cordialement » isolé laisse le lecteur sans consigne : il ferme le message et passe au suivant. Plus bas, des formulations à copier selon le type d’email, puis les obligations de bas de message que Gmail et Yahoo font respecter depuis février 2024.
5 règles pour une dernière phrase qui fait agir
La dernière phrase porte une action unique et datée, la signature identifie l’expéditeur. Les 5 règles, dans l’ordre :
- Demandez une seule action. « Réservez votre créneau avant vendredi 17 h » donne un geste et une date, là où « N’hésitez pas à nous contacter » ne donne ni l’un ni l’autre.
- Rattachez l’action à un bénéfice : « Répondez avant jeudi pour garder le tarif de lancement ». Le lecteur sait ce qu’il gagne et ce qu’il perd en attendant.
- Reprenez le vocabulaire de l’objet de l’email. Un objet « Téléchargez notre guide SEO » appelle une fin du type « Téléchargez votre guide en cliquant ici » et exclut une proposition d’appel téléphonique.
- Limitez-vous à un lien ou un bouton d’action. Deux liens obligent le lecteur à choisir, donc à différer.
- Finissez par une signature qui identifie l’expéditeur : nom, fonction, société, téléphone, lien de prise de rendez-vous.
Avant et après : la fin d’email selon le type de message
4 situations courantes, chacune avec sa clôture faible et sa clôture orientée action.
| Type d’email | Fin faible | Fin orientée action | Ce qui change |
|---|---|---|---|
| Conclure une vente | « Dans l’attente de votre retour. » | « Validez le devis avant vendredi 17 h : le tarif est garanti jusqu’à cette date et la livraison part lundi. » | Une action, une échéance, une conséquence |
| Relance | « Vous avez sans doute oublié mon message. » | « Répondez OUI si la proposition du 12 octobre reste d’actualité ou NON si vous préférez clore le sujet. » | Réponse en un mot, sortie propre pour le lecteur |
| Fidélisation | « Merci pour votre achat. » | « Laura, dites-nous en deux lignes ce que vous pensez de votre nouvelle montre : répondez simplement à cet email. » | Prénom, produit précis, effort minimal |
| Prospection B2B | « Restant à votre disposition pour échanger. » | « Un échange de 15 minutes mardi à 10 h ou jeudi à 14 h vous convient-il ? Répondez 1 ou 2. » | Durée annoncée, deux créneaux, choix binaire |
Dans un email de vente, la date limite doit correspondre à un fait réel (fin de tarif, créneau de livraison). Une échéance inventée abîme la confiance dès qu’elle se répète. Pour la relance, citez la date du premier message : le lecteur retrouve le fil sans rouvrir sa boîte.
Le cas de la fidélisation relève du marketing relationnel : la fin d’email s’appuie sur l’achat ou le projet en cours du client. En prospection, le cold email B2B gagne à proposer deux créneaux plutôt qu’un agenda ouvert.
Le P.S. et la signature : ce que le lecteur lit en dernier
Le post-scriptum se lit souvent même quand le corps du message est survolé en diagonale. Réservez-le à un seul message : lever une hésitation (« P.S. Aucune carte bancaire n’est demandée pour tester ») ou rappeler l’échéance. Un P.S. de trois lignes devient un second corps d’email.
La signature doit rester lisible sur smartphone. 4 éléments suffisent : le nom avec la fonction, la société avec son site, un numéro de téléphone et un unique appel à l’action discret comme « Prendre rendez-vous ». Une image seule ne convient pas, car de nombreux clients de messagerie bloquent les images par défaut : le texte porte l’information, le logo l’accompagne.
Répondre par un mot-clé plutôt que cliquer
Sur mobile, répondre à un email prend moins d’étapes qu’ouvrir un lien dans un navigateur. Proposez un mot-clé à renvoyer : « Répondez DÉMO pour fixer un créneau » ou « Répondez PAUSE pour suspendre vos envois pendant 60 jours ». Cette option complète le lien de désinscription, qui reste en bas du message.
Quelle formule de politesse placer avant la signature ?
Le ton suit le destinataire. Avec un client ou un contact inconnu, « Cordialement » ou « Bien cordialement » reste la valeur sûre. « Meilleures salutations » ajoute de la distance. « Sincèrement » ou « Bien à vous » conviennent à un échange déjà engagé. « À bientôt » s’adresse à un contact régulier.
« Merci d’avance » présume que la demande sera acceptée : remplacez-le par une demande datée, du type « Merci de confirmer votre présence avant mardi ». Pour une candidature, gardez « Cordialement » après une phrase de disponibilité. Auprès d’un interlocuteur anglophone, « Best regards » est neutre et « Kind regards » un cran plus formel. Dans tous les cas, la formule vient après la phrase d’action.
Ce que Gmail et Yahoo exigent en bas de message
Cette partie concerne les envois marketing en volume. Elle pèse sur la délivrabilité autant que sur la conformité.
Depuis le 1er février 2024, Gmail impose aux expéditeurs de plus de 5 000 messages par jour de proposer un désabonnement en un clic, avec un lien clairement visible dans le corps du message. Le taux de spam doit descendre sous 0,3 % dans Postmaster Tools. Google recommande même de viser moins de 0,10 %. Yahoo demande un en-tête List-Unsubscribe fonctionnel, un lien visible dans le corps (il peut mener à une page de préférences), le traitement des désinscriptions sous 2 jours et un taux de plaintes inférieur à 0,3 % d’après son Sender Hub.
Un lien de désinscription caché déplace le geste vers le bouton « Spam ». Chaque signalement alimente le taux de plaintes plafonné par les deux fournisseurs. Le lien de préférences (fréquence, thèmes) offre une sortie plus douce que le départ total. La désinscription en un clic doit rester disponible à côté.
En B2B, la prospection par email reste possible sans consentement préalable si son objet a un rapport avec la profession du destinataire. La CNIL exige que chaque sollicitation permette de connaître l’identité de l’émetteur et de refuser de nouveaux messages par un moyen simple. Une phrase placée juste avant la signature peut remplir ce rôle : « Si ce message ne vous concerne pas, transférez-le au responsable concerné ou répondez STOP pour ne plus être contacté. » Terminez par la raison sociale suivie d’un lien vers la politique de confidentialité. Le cadre juridique de l’emailing détaille le reste.
Une belle fin d’email n’y change rien si le message rebondit avant d’être lu. Passez un échantillon de votre liste dans un vérificateur d’adresses avant la prochaine campagne : cela réduit les hard bounces.
4 erreurs qui annulent la fin d’un email
- Empiler les liens d’action : un seul CTA et un lien de désinscription suffisent.
- Imposer des étapes : le bouton final mène directement à la page de l’action attendue, sans formulaire intermédiaire.
- Changer de registre à la dernière ligne : un message tutoyé qui se ferme sur « Veuillez agréer mes salutations distinguées » sonne faux.
- Enfouir la désinscription en police minuscule : le lecteur cherche alors le bouton « Spam ».
Relisez la fin du prochain email de votre campagne avant l’envoi : si la dernière phrase ne contient ni verbe d’action ni échéance, réécrivez-la avec l’un des modèles du tableau.

